
- Ablassé Kabré, micro-entrepreneur à Ouagadougou (Burkina Faso, 2007, Copyright ADA/Guy Wolff)
Racontez-nous vos débuts, comment avez-vous commencé la vente de motocycles ?
A l’âge de 15 ans, j’ai commencé à vendre des glaces sur ma tête. Je faisais du porte à porte et j'allais d’une école à l’autre. Je gagnais à peine 1 000 FCFA (1,5 euro) par mois. Mon lit c’était un banc sur lequel je m’allongeais pour dormir...
Plus tard, je suis allé au grand marché chez mon oncle et là, je vendais des tôles de maison et je gagnais 1 500 FCFA (2,2 euros) par mois. Après 2 années de pratique, je comprenais bien les mécanismes du commerce, et j’ai commencé à collaborer avec les revendeurs de moto. J’avais une table et j’écrivais des reçus pour l'achat de moto. Je vendais des vélos et des motos d’occasion. Mon salaire a augmenté peu à peu. J'ai fait ma petite épargne puis je suis devenu mon propre patron. Aujourd'hui, je vends à Ouagadougou des motos neuves achetées en Chine.
Pourquoi avez-vous fait appel à une institution de microfinance ?
L’institution de microfinance RCPB (Réseau des caisses populaires du Burkina Faso, ndlr) avait le désir de m’appuyer et je voulais m’intégrer comme membre. J'avais déjà commencé à faire de la petite épargne et j'ai ouvert un compte.
Quand avez-vous contracté votre premier crédit et pour quel besoin ?
J’ai obtenu mon premier crédit en 1995, pour renforcer mon activité de vente de motos. Le montant du crédit était de 3 millions de FCFA (4 560 euros), avec un taux d'intérêt de 10%, ce qui est toujours plus intéressant que les usuriers. Le remboursement était mensuel et sur une période de 12 mois.
Combien de crédits avez-vous contracté depuis ? Pour quel usage ?
A ce jour, j’ai reçu 12 crédits pour l’achat de motos. Mon dossier est en cours pour un prêt de 30 millions de FCFA (45 600 euros) avec 8,2 millions (12 460 euros) d’intérêts par trimestre.
L’IMF vous a-t-elle épaulé dans le développement de votre entreprise ? De quelle façon?
Elle a donné de bons conseils. C'est elle qui m'a permis de développer mon entreprise. Aujourd’hui j’emploie une dizaine de personnes et j'en suis fier!
En quoi vos conditions de vie ont-elles été améliorées ?
Je gagnais 1 000 FCFA (1,5 euro) à 15 ans, et aujourd'hui j’ai pû acquérir un terrain et construire une maison. Je suis capable d'investir 2 millions de FCFA (3 000 euros) par an pour les études de mes huit enfants! Je peux offrir à mes enfants ce que mon père n'a jamais pu m'offrir pour diverses raisons.
Sans l’intervention de l’IMF, pensez-vous que l’entreprise se serait aussi bien développée ?
Sans l'intervention du RCPB et sans soutien financier, il n’est tout simplement pas possible de développer un commerce.
Ablassé Kabré est marchand de motos à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Adolescent, il vendait des glaces et vivait dans la rue. A force de travail et de patience, et avec l'appui du Réseau des caisses populaires du Burkina Faso, il a développé une entreprise viable comptant 16 employés.
Le réseau RCPB
- 101 caisses régionales ou locales
- 522 949 clients-membres
- 41,5 milliards de FCFA d'encours d'épargne (63,2 millions d'euros)
- 30 milliards de FCFA d'encours de crédit (45,7 millions d'euros)
- Une présence dans 43 des 45 provinces que compte le Burkina Faso
- Membre de la Confédération des institutions financières (CIF)










