
- Halamata Ouédraogo, animatrice des caisses rurales du RCPB (Burkina Faso, 2007, Copyright ADA/Guy Wolff)
Comment êtes-vous devenue animatrice pour le Réseau des caisses populaires du Burkina Faso (RCPB) ?
En 1997, j’ai arrêté l’école. J'avais 21 ans. J’ai suivi une formation pour donner des cours pour une école maternelle. Un an plus tard, j’ai lu dans le journal que le RCPB (devenu entre-temps une Fédération, ndlr) voulait recruter des animatrices pour leurs caisses villageoises. J’ai déposé mon dossier à la direction. Après des tests écrits j'ai été sélectionnée, entre autres parce que je parle les 2 langues du pays, le Dioula et le Moore.
J’ai commencé le 1er décembre 2000.
En quoi consiste votre travail ?
Ma mission consiste à sortir à la rencontre des femmes des villages. Je prends d'abord contact avec le chef du village et lui présente le produit des caisses populaires ou des caisses villageoises. Si j'obtiens sa permission, je peux sensibiliser les hommes et les femmes à ces produits.
La première sensibilisation concerne le produit des caisses populaires, qui intéresse surtout les homme. La deuxième sensibilisation concerne les caisses villageoises, et elle est seulement destinée aux femmes.
Puis, il y a 4 séances de formation (30-45 minutes) du comité de gestion. Le comité de gestion de la caisse villageoise est constitué d’une présidente, d’une secrétaire et d’une trésorière.
Comment se déroule une séance de remboursement ?
Les femmes se ressemblent chez la présidente de la caisse villageoise. Elles sont constituées en groupe de solidarité de 30 femmes qui se divisent en sous-groupes de 4 à 6 femmes.
Chaque sous-groupe désigne une présidente. Les femmes mettent ensemble leurs remboursements et épargnes. Lors d'une séance de remboursement, l’animatrice appelle la présidente du sous-groupe et demande le montant total et ensuite, elle note dans un carnet de comptes le montant par femme.
La présidente donne l’argent à la trésorière du grand groupe (CV). La trésorière compte l’argent, puis on procède au billetage et tout est inscrit dans le carnet de la caisse.
Enfin, les femmes désignent un sous-groupe qui va déposer l’argent à la caisse villageoise.
Lorsque vous démarrez un projet avec un groupement de femmes, à quelles difficultés êtes-vous confrontée ?
Il y a d'abord la concurrence avec d'autres institutions. Parfois, les femmes sont surendettées parce qu'elles prennent des crédits auprès de plusieurs sociétés. Autre obstacle que je rencontre parfois, il existe des villages avec deux chefs, donc je dois parler avec les deux chefs. Quelques fois, après avoir obtenu une permission pour un crédit, les époux influencent leurs femmes négativement. Ils disent que les caisses populaires viennent ramasser les épouses et les rendent à la police.
Combien de fois par mois rencontrez-vous vos clientes ? Quelles sont les activités qu’elles mènent en général ?
Je rencontre chaque groupe une fois par mois. Les activités consistent en de petits commerces, des dolotières, des activités de restauration, vendeuses de tissus, etc...
Quel est le montant moyen d’un prêt ?
Dans les caisses villageoises, le montant moyen d’un prêt est de 5 000 FCFA.
Les clients parviennent-elles à rembourser les crédits octoyés?
Oui, c’est la caution solidaire qui compte. Si une femme ne peut pas payer, ce sont les femmes qui paient pour elle. Chez nous, l'expression dit que "L’union fait la force", ou "une seule main ne suffit pas pour ramasser la farine".
Quelles améliorations pouvez-vous observer chez les femmes que vous encadrez ?
Cela fait maintenant 8 ans que je travaille dans ce domaine et j’ai pu constater des améliorations. D'abord, les femmes commencent avec la caisse villageoise et un jour, elles s'adressent à la caisse populaire pour obtenir un crédit individuel. Dans les maisons il n’ y a rien, un toit en bois, puis un toit en tôle. D’abord les femmes vendent sous l’arbre, dans l’ombre, après elles, ont une maisonnette.
Halamata Ouédraogo est animatrice des caisses villageoises auprès de la Fédération des Caisses populaires du Burkina Faso. Son rôle est d'encadrer les femmes des zones rurales lors des séances de remboursement du crédit, en les aidant, par exemple, à tenir un carnet de comptes.
Le réseau RCPB
- 101 caisses régionales ou locales
- 522 949 clients-membres
- 41,5 milliards de FCFA d'encours d'épargne (63,2 millions d'euros)
- 30 milliards de FCFA d'encours de crédit (45,7 millions d'euros)
- Une présence dans 43 des 45 provinces que compte le Burkina Faso
- Membre de la Confédération des institutions financières (CIF)










